16.11.2008

Prix Goncourt en allemand

Zwei Wahlgänge, dann der Name stand fest. Der Goncourt Preis geht an Atiq Rahimi für das Buch Syngué Sabour, pierre de patience. Der aus Afghanistan stammende und seit 1984 in Frankreich lebende Schriftsteller, der auch als Regisseur und Fotograph hervorgetreten ist schrieb bislang auf Persisch. Mit Syngué Sabour (Stein der Geduld) verfasste er zum ersten Mal ein Buch direkt auf Französisch. Ein Versuch, der sich auch für den kleinen Verlag P.O.L. (Paul Otchavsky-Laurens) auszahlt.
Syngué Sabour weist in die persische Mythologie zuruück und bedeutet „Stein der Geduld“: Der Stein nimmt die Verzweiflung derjenigen auf, die ihn finden. In der Erzählung von Atiq Rahimi handelt es sich um eine wahrscheinlich in Afghanistan situierte Geschichte einer Frau, deren Mann nach einer Schussverletzung im Koma liegt. Die Frau spricht zu ihrem Mann, der hier für den Stein der Geduld steht, und wirft ihm vor, sich für den Krieg entschieden zu haben. Sie hat Angst davor, allein mit sich bleiben zu müssen. Diese Furcht wandelt sich langsam in eine Rebellion: Die Frau greift ihren Mann heftig an, geht mit ihm wie mit einem Objekt um, ihre Angst und ihre Wut werden indes aber nicht gemildert.
Die Sprache von Atiq Rahimi ist einfach, kalt, trocken und kommt ohne Adjektive aus.
Der Tod der afghanischen Dichterin Nadja Anjuman hat den Text inspiriert. Durch die Stimme der Frau weist der Schriftsteller auf die Befreiung aller Frauen hin.

30.09.2008

Fils unique

Vous connaissez le frère de Jean-Jacques Rousseau ?
Personnellement, je ne savais pas qu'il en avait un... Lacune de taille : il en est question dans les Confessions. Une phrase brève qui mentionne un être que Jean-Jacques ne considère plus comme son frère : "On n'a plus eu de ses nouvelles depuis ce temps-là, et voilà comment je suis demeuré fils unique" confie Rousseau.
Ce jour en question, le frère de Jean-Jacques Rousseau fut chassé de Genève, pour cause de libertinage et de mœurs légères, les choses ayant mal tournées pour lui.
A en croire le récit de sa vie, François Rousseau a effectivement profité de la chair et des plaisirs terrestres.
Ce récit, cette vie, découvrez-là dans Fils unique, de Stéphane Audeguy (aux éditions folio).
Une écriture de détails, d'une simplicité certaine qui n'empêche cependant les mots savants (j'ai eu parfois envie de recourir au dictionnaire, mais dans mon lit, je n'ai pas Robert à côté de moi !) ni les descriptions crues des ébats sexuels de la vie d'un homme.
A travers le récit on en apprend aussi sur la vie et le caractère de Jean-Jacques Rousseau, sur son œuvre qui, selon les "mots" de son frère lui-même (à travers S. Audeguy), a participé à la révolution française.
Un livre que je recommande, même si je ne suis pas encore arrivée à la fin.
Deux vies qui ne se sont jamais (ou si peu) croisées.

20.01.2008

Chers Oiseaux

Chers Oiseaux, Anne Weber, Editions du Seuil, 2006.

Chers Oiseaux de l’écrivain Anne Weber, originaire d’Allemagne et vivant à Paris, est un titre trompeur. Le lecteur se croyant invité à l’envol découvre au fil de sa lecture un monde de barrières et d’animaux en cage. Sous la plume d’Anne Weber, la narratrice qui rédige une lettre d’adieux à ses collègues, décrit un processus de perte de l’identité dans le monde su travail.
C’est une lettre-pamphlet qui dénonce le monde de l’entreprise à travers une description ironiquement effrayante. Ton sec et rythmé, nombreuses coupures visuelles sous forme de petits chapitres, phrases saccadées : ces moyens stylistiques produisent l’effet d’une cadence effrénée qui jamais ne ralentira et qui est à l’œuvre dans le monde du travail. Une écriture qui dépeint un milieu où les patrons sont eux aussi touchés par le processus perte de l’identité, machine infernale qu’ils ont eux-mêmes lancée.
La narratrice brosse ses collègues tels des animaux d’une chaîne, dont le plus fort maillon, le patron, agit avec arrogance et mépris. La métaphore englobe la description des bureaux de l’entreprise qui ressemblent plus à une cage qu’à un lieu de travail. Chaque membre de cet enclos est cyniquement analysé par la narratrice: lâcheté et manque de réflexion sont les principaux traits de caractère d’un « oiseau »-collègue.
Le récit se focalise sur toutes les plus basses manies des volatiles qui n’aspirent qu’à se construire un nid dans la cage que symbolise l’entreprise. Un nid qui dresse des barricades et qui ne permet pas de s’envoler.
Le texte est chargé d’un sentiment révolte, seul moyen pour l’employée de se délivrer du fardeau trop lourd qu’elle porte et qui l’oblige à vivre par procuration. Une métaphore du le monde du travail où chacun avance pour soi mais plus avec les autres.