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20.01.2008
L'image de soi et le travail
17 janvier
L'image de soi et le travail
Mardi 15 janvier 2008, j’entends aux flash info matinal de France Inter qu’un homme âgé de 44 ans est mort de froid dans sa voiture la nuit précédente.
Rien qu’en soi cette nouvelle m’a choquée : comment se fait-il qu’un homme aussi jeune puisse mourir dans une voiture ? Je me dis qu’il n’avait probablement plus de logement et faisait de sa voiture sa maison.
Après le flash info, le journaliste développe les titres, j’en apprends donc plus sur cette mort nocturne. Il s’agissait en réalité d’un père de famille qui n’a pas osé avouer à sa famille qu’il avait perdu son emploi, ou plutôt, qu’il n’en avait pas retrouvé un nouveau. Il s’est donc inventé un travail de nuit et dormait dans sa voiture.
Cette nouvelle me fait penser à un film tiré d’un fait divers, où Daniel Auteuil joue un médecin qui n’en est pas un et finit par tuer tous ceux qui découvre son secret : le sentiment de honte que procure une vie sans travailler est plus fort que l’acceptation devant les autres d’une situation de chômage.
Au-delà du rapprochement avec ce film, cette nouvelle m’a révoltée. Comment notre société est-elle parvenue à créer des êtres qui préfèrent mentir et gâcher toute une vie uniquement par peur d’avouer son statut de personns chômeur ?
Le travail est vecteur de sociabilité, un élément important d’une image positive de soi, il permet l’indépendance. Mais, comment en arrive-t-on à ne pas pouvoir avouer aux gens que l’on aime que l’on ne travaille plus ? Pourquoi notre société n’admet pas qu’en dehors du travail, la vie sociale et l’individu existent quand même ? Être chômeur n’est pas synonyme d’être nul, rien, le chômage ne fait pas de nous des non-êtres sociaux. Enfin, c’est ce que je pensais. Mais la mort de cette homme si jeune ainsi d’autres événements similaires me laissent penser que l’être humain n’est pas - ou plus - assez fort pour combattre le cynisme de notre société qui base son jugement esstentiellement sur l’image que le travail renvoie.
Comment faire pour garder confiance en soi même si l’on a perdu son emploi, comment croire que l’on est quelqu’un, que l’on existe même quand on est chômeur ? Comment en est-on arrivé à cette idée que l’individu est nié, au point d’en mourir dans sa voiture ?
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